Ari Wong Kim, Français Libre, dernier survivant du Bataillon du Pacifique, décédé le 19 octobre 2023, a été inhumé à Deauville le 26 octobre, après un hommage militaire. Le dernier vétéran Tahitien des combats menés par ce glorieux Bataillon passait une paisible retraite dans le Calvados, à Le-Breuil-en-Auge. Il aurait eu 100 ans le 16 janvier 2024.

Dès les débuts du régime de collaboration mis en place par le Maréchal Pétain, la Polynésie française, à 17 000 km de la métropole, rallie la France Libre et le Général de Gaulle. Ari Wong Kim usurpe alors l’identité de son demi-frère pour se présenter au centre de recrutement et s’engager sous le statut de volontaire le 16 septembre 1940. Il est tout d’abord incorporé à la Compagnie autonome d’infanterie coloniale de Tahiti et part en avril 1941 pour la Nouvelle Calédonie, rejoindre le Bataillon du Pacifique en cours de constitution avec quelques centaines de Tahitiens et de Calédoniens, surnommés les « Tamari’i » volontaires.

Après une formation militaire en Australie, les hommes du Bataillon rejoignent la 1ère Brigade française libre (BFL) indépendante à Damas et participent à de nombreuses opérations, notamment à la bataille de Bir Hakeim où nombre de ces braves tombent héroïquement au champ d’honneur, dont leur chef charismatique, le lieutenant-colonel Félix Broche. Plus tard, on les retrouvera en Italie, où ils s’illustrent particulièrement durant la bataille de Garigliano en 1944. Ari Wong Kim est quant à lui blessé une première fois le 11 mai 1944.

Il débarque ensuite à Cavalaire le 17 août 1944 et sera blessé une seconde fois le 22 août 1944, ce qui ne l’empêche pas de reprendre dès que possible une part active à la libération du territoire français, notamment durant les difficiles combats des Vosges de septembre 1944.

Fait chevalier de la Légion d’Honneur en 2020, Ari Wong Kim sera décoré au sein de sa résidence de retraite normande par le fils de son chef, Félix Broche. Il déclarait alors : « Je suis le dernier combattant du Bataillon du Pacifique. Je suis heureux pour tous les Tahitiens de cette reconnaissance » et encore : « Il faut être brave, courageux pour défendre son pays ». Durant cette cérémonie particulièrement émouvante, le chant des « Tamari’i » volontaires fut interprété pour lui.

Ari Wong Kim a participé aux épisodes les plus glorieux de la France Libre puis combattante. Il aura été de tous les combats de la 1ère BFL à la 1ère DFL commandée par le Général Koenig, notre illustre héros caennais.

Le comité Fidélité Gaulliste de Normandie rend hommage à son courage, à son sens de l’honneur et à sa passion fougueuse pour son pays, la France. En 1940, Ari Wong Kim fut le visage de la France.